SUZANE

Novembre 2025, la révolte est en marche.

2 mois après la sortie de son album MILLENIUM, magnifique fait d’armes sur le monde actuel, Suzane a lancé sa tournée entre émotion et revendications, avec une véritable volonté de changer les choses.

Un nombre de dates en constante évolution, quasiment toutes complètes. Preuve que son message rassemble. Et c’est peu dire…

Nous voilà à Rennes pour sa 4ème représentation. Il est 20h, l’Antipode ouvre à peine ses portes et le passage est déjà saturé.

Au fil de ses albums, Suzane s’est forgé une identité forte.  Entre électro, pop et textes engagés, avec MILLENIUM elle ne fait pas qu’ajouter un disque à sa discographie. Elle assume plus que jamais sa liberté artistique et prend le contrôle de son art. Son regard lucide, intime, parfois radical, mais toujours profondément humain sur le monde d’aujourd’hui, font d’elle une artiste influente pour toute une génération.

La salle est pleine à craquer, juste retour des choses. Suzane fédère, fusionne. Pour preuve ce couple qu’on a rencontré. L’une habite dans le sud, l’autre à Nantes. Et c’est ici qu’elles se retrouvent pour vivre ce “moment fort” qui les unit depuis des années. Voir Suzane sur scène et se laisser partir dans une autre dimension. Le décollage est imminent…

Lumières blanches aveuglantes, beats venus d’ailleurs. Entrent en scène des guerrières futuristes, 4 clones de l’artiste sur une choré tracée au combat… Puis le break. C’est en hauteur pour mieux dominer le monde qu’elle apparaît. “Mouvement, tout est dans le mouvement…”  En quelques secondes, Suzane, mindset de Shaolin, a déjà pris le dessus sur la grande marée qui l’acclame.

S’enchaînent Dégaine, Marche ou rêve. La chanteuse s’impose, se multiplie à travers une gestuelle nerveuse, précise et propose un spectacle unique où expression et technologie font corps.

@Guillaume Gesret

Lumières avant-gardistes, mapping vidéo, univers sonore dense et organique : tout est réuni autour d’une performance captivante, immersive.

Posée au bord du monde, Suzane questionne. “ On fait des stories sur fond noir, la guerre s’fait pas sur fond vert. ” Aberrances politiques, mise à feu, urgence écologique… Un reflet de notre société qu’on se prend en pleine gueule sur écran géant. Y a-t-il un sens à tout ça ? Une conscience collective reprise à l’unisson dans un océan de bras…

Emportée par la houle, la salle de l’Antipode devient un lieu de (dé)connexion totale. Un espace où l’on chante, où l’on bouge ensemble. Alors Champagne ! Suzane passe à table pour un nouvel an endiablé. On s’amuse, les yeux grands fermés sur ce qui dérange. Mais l’exutoire est là, une foule aussi déchaînée que les éléments.

Pendant plus d’1h30 on se laisse aller par la performance, sans aucun dérèglement scénique. Tout est calibré sauf une chose, l’émotion palpable de l’artiste et de son public.

Car c’est aussi la force de cette tournée. En plus d’une scénographie remarquable, Suzane appartient à une communauté qui fait bouger les lignes par la parole, par l’envie de s’assumer au grand jour sans être jugée.

L’hymne Virile, provoque une communion rare mais c’est P’tit gars qui touchera certainement le plus. “T’es amoureux c’est pas un crime”, repris en chœur, avec cœur. Un moment poignant pour des mots qui malheureusement résonnent encore trop aujourd’hui. Suzane sort l’étendard, drapeau LGBTQIA+… Rien à ajouter, c’est juste beau.

Puis des prénoms féminins qui défilent… Face à son public comme devant la justice, Suzane accuse, main droite levée, la violence faite aux femmes. Un moment intense. C’est digne, nécessaire.

Au-delà d’un concert : c’est un cri collectif.

@Guillaume Gesret

La charge émotionnelle se poursuit sur une note d’espoir, une ode à la vie. Seule sur scène, vulnérable, comme une flamme qui vacille. Sublime.

Sensible, engagée, sa prestation entière raconte une histoire, son histoire. Suzane y dévoile une maturité nouvelle, un mélange rare de puissance et de fragilité.

Comme un doigt d’honneur à ses détracteurs, la chanson Suzane prend tout son sens sur la fin du set. “RÊVE. TU RÊVES” s’affichent en grand sous les néons rouges et la salle chauffée à bloc lui prouve qu’elle a eu raison de rêver grand.

Dernier avertissement en guise de rappel : “Le prochain morceau peut heurter les robots les plus sensibles.” Qu’importe puisqu’on sort de ce concert un peu étourdi, un peu secoué… Mais surtout profondément chargé d’humanité.

Alors “faites que la fête dure encore un millénaire”, car ce n’est que le début d’une tournée qui s’annonce grandiose. Pas étonnant qu’elle emmène Suzane jusqu’au Zénith.

Finalement sous les néons et les pixels, le vrai avancement technologique, c’est elle.

21.03.26  @zénith, Paris

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