PAS LA FIN DU MONDE – Un câlin politique
Menni Jab sort son deuxième EP, PAS LA FIN DU MONDE, et franchement, on en avait besoin. Besoin d’un mec, qui exalte des mots justes et doux terriblement ancrés dans notre société.
Chacun des titres est teinté d’un réconfort qui nous caresse le cœur, nous regarde droit dans les yeux en disant : “ça va aller, t’es pas tout seul”.
Originaire de Bordeaux, Menni Jab a quitté le costume bien repassé d’ingénieur polytechnicien pour écrire des chansons à la croisée du rap, de la pop rétro et de l’électro douce. Ne cherchant jamais à rentrer dans des cases, il les regarde brûler doucement. Nourri par Disiz, Stromae, Brassens ou Barbara, il écrit la main tendue vers une jeunesse sur le point d’abandonner.
PAS LA FIN DU MONDE, est un projet engagé sans être moralisateur. On y parle d’écologie, de solidarité, d’amour, de responsabilité collective. De ce qui nous lie encore, malgré le chaos.
Un projet important, fondamentalement universel et pourtant, chaque titre est d’une intimité surprenante.

Et puis il y a les morceaux, un par un, comme le corps du délit d’un manifeste tendre.
On rentre par la porte de Grand magasin, un titre qui prône une disparition pour créer la possibilité d’une renaissance. Espèces protégées, planète pillée, riches qui se dédouanent pendant que la nature disparaît. Les jeux de mots claquent, le fond est plein de rage. C’est une chanson qui expose le capitalisme et lui fait honte.
Le titre éponyme Pas la fin du monde incarne un battement de cœur un peu trop rapide. Un hymne d’espoir possible, nécessaire. Le clip à venir, réalisé en partenariat avec les associations Music 4 Planet, Surfrider, Wings of the Ocean, Plastic ou SOS Méditerranée, place la mer au centre, comme une ligne de vie. Parce que protéger les océans, c’est aussi nous protéger sans en faire une coercition.
Dans 0, ça bouge, ça danse, mais toujours avec du sens. La chaleur est omniprésente, humaine, politique et climatique. Ce monde devient un terrain de foot et de lutte à la fois. Un espace où l’on apprend à avancer ensemble, à se faire des passes plutôt qu’à s’écraser.

Puis viens l’Interlude avec une proximité troublante. Des respirations intimes, une voix presque nue, un sourire qu’on discerne.
L’amour traverse tout le projet comme un antidote charnel, précis, jamais mièvre jusqu’à l’adieu… Un adieu clair et net à tout ce qu’on ne supporte plus. Les cons, les intolérants, incels, réfractaires. Un texte féministe, anti-dogme, anti-haine. On crie, fort.
Même si c’est un EP saturé de mauvaises nouvelles, cabossé, on ne sombre jamais dans le cynisme. L’obscurité n’est pas une fin, c’est une opportunité pour créer une nouvelle lumière.
PAS LA FIN DU MONDE est un cri d’une douce violence pour notre génération. Celle qui n’abandonne pas même avec l’impression d’être seule dans une grande pièce vide. Spoiler : elle ne l’est pas. On est là, ensemble et on est terriblement contents de s’être rencontrés.
Menni Jab, c’est un câlin. Un homme réparé par une femme créatrice, une électro tendre, et une sincérité folle.
12.02.26 @fgobarbara, Paris


