KID SOPHIE

©-Santa

KID SOPHIE – LOVE AGAIN

Kid Sophie ne vous est certainement pas inconnue. Bassiste et co-compositrice du groupe Hyphen Hyphen, elle en est l’un des piliers depuis ses débuts. Aujourd’hui, elle ouvre un nouveau chapitre en solo sous ce nom, plus intime, plus personnel. C’est en 2025, sur la scène du Lézart Festival qu’elle interprète pour la première fois ses propres morceaux, seule.

Avec Closer to You puis Love Again, elle affirme une pop alternative aux accents new wave, instinctive et habitée, où la mémoire, l’enfance et les failles deviennent des territoires d’émancipation.

AAS : Après plusieurs années au sein de Hyphen Hyphen, l’un des groupes les plus marquants de la scène française de ces dernières années, qu’est-ce qui a déclenché l’envie, ou le besoin, de te lancer en solo sous le nom de Kid Sophie ?

KID SOPHIE : Ça s’est fait très naturellement. On écrit toustes pour Hyphen Hyphen, on est toustes compositeur·rices, et j’ai toujours écrit de mon côté, chez moi. Cette fois, c’était différent. Le morceau est né d’une mélodie de voix, ce que je ne faisais pas d’habitude. Avec Hyphen, je partais souvent des mélodies de Santa, j’aimais les entourer, les mettre en valeur, c’était un peu mon terrain de jeu. Là, pour la première fois, tout partait de ma voix. J’ai commencé à écrire des paroles, à aborder des thèmes plus intimes, très personnels. Je me suis dit : “Ah tiens… je crois que c’est pour moi.” Je ne me voyais pas quelqu’un d’autre les chanter à ma place.

AAS : Est-ce que ce projet solo était déjà en gestation depuis longtemps, ou est-ce qu’il est né à un moment précis de ton parcours ?

KID SOPHIE : Je pense que ça a mis du temps avant que je me dise que j’avais envie de le faire. Ça fait trois ans que j’écris pour moi, j’ai des dossiers remplis de fragments de morceaux. Pendant un moment, ça m’allait très bien qu’ils restent dans ces dossiers, que personne ne les écoute. Je crois que j’avais besoin de temps pour processer ce qui se passait, les émotions que je ressentais. Et puis… oser.

Se lancer, oser, a été difficile pour moi. Je suis quelqu’un de très timide. C’est là que Santa et Adam ont été mes alliés. Je leur ai fait écouter ces morceaux, ils m’ont poussée et bien aidée.

AAS : Musicalement, Kid Sophie s’inscrit dans une pop alternative aux accents new wave. Qu’est-ce que tu peux te permettre aujourd’hui, seule, que tu ne pouvais peut-être pas explorer au sein de Hyphen Hyphen ?

KID SOPHIE : Créer seule, c’est très différent que créer en collectif. Les deux sont super, mais c’est la première fois que je découvre une certaine liberté, une prise de décision qui ne m’appartient qu’à moi. Je fais mes prods seule sur mon ordi. Ce qui est cool, c’est que je ne me pose pas vraiment de questions. J’agis beaucoup à l’instinct, en fonction de ce que j’ai envie d’entendre, de ce que j’ai envie de faire. C’est super agréable parce que je m’amuse énormément avec ce projet. Ça me fait du bien. Par exemple, je m’amuse avec des textures de synthé. Je peux me perdre dans ces textures-là. Il n’y a personne pour me dire : « Non, tu vas trop loin. » (Rires.) Là, je peux y aller à fond, et ça me fait trop plaisir.

AAS : Dans ce single, tu évoques la mémoire, l’enfance, les failles intérieures comme matière première. Est-ce que l’écriture est pour toi un espace de réparation ou d’émancipation ?

KID SOPHIE : Oui, c’est exactement ça. Je pense que c’est pour ça que ce projet est arrivé à ce moment-là de ma vie. J’étais dans une phase où je me confrontais à des choses du passé que j’avais peur de regarder avant. Écrire m’a permis d’aller mieux et de dépasser ça.

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AAS : Tu as aussi un regard de réalisatrice artistique et d’arrangeuse. Est-ce que cette expérience influence ta manière de produire et de construire ton propre projet ?

KID SOPHIE : Oui, j’adore ça. Faire des arrangements pour d’autres, c’est aussi se construire de nouvelles pièces de puzzle. C’est se faire une sorte de panel avec plein de choses. J’ai un peu commencé la musique comme ça, quand j’étais petite, parce que je n’osais pas écrire. J’avais un énorme syndrome de l’impostrice, que j’ai encore un peu aujourd’hui, on ne va pas se mentir. Ce que j’aimais faire, c’était prendre les morceaux des autres, garder la mélodie de voix, puis les réarranger et les entourer d’une manière mélancolique et triste. C’est un peu mon truc. J’aime particulièrement travailler les atmosphères. Et j’aime bien faire ça pour d’autres.

AAS : Hyphen Hyphen a connu une forte notoriété ces dernières années, et Santa mène aujourd’hui une carrière solo très visible. Est-ce que cette exposition facilite le lancement de Kid Sophie, ou au contraire est-ce un nouveau départ à construire entièrement ?

KID SOPHIE : Ça dépend un peu. Quand j’ai sorti Closer to You, je l’ai fait un peu en soum-soum. Je n’avais pas trop envie que plein de gens le voient. Je pense que j’avais un peu peur. J’aime bien prendre le temps avec mon projet, que je me sente bien. Après, j’ai quand même la chance d’être déjà un peu identifiée. Donc tant mieux. Mais je ne sais pas toujours comment me positionner par rapport à tout ça. Moi, je suis surtout contente que les gens écoutent ma musique. Les aspects business, la promo, ce n’est pas quelque chose avec lequel je suis très à l’aise. Je préfère laisser la musique parler.

AAS : Est-ce que tu envisages de t’entourer de musiciens à long terme ?

KID SOPHIE : Oui, j’aimerais beaucoup m’entourer de musiciens. Avec la conjoncture actuelle, ce n’est pas possible tout de suite, donc pour l’instant, je suis seule sur scène. J’apprends énormément, je m’améliore à chaque concert et j’adore ça. Mais plus tard, j’aimerais vraiment partager la scène avec d’autres.

En concert au Festival Cabourg mon amour

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