FLORA FISHBACH – JE VOULAIS TE DIRE
Flora Fishbach a l’art de faire vaciller les fantômes. Ces flammes errantes à la recherche d’une lueur et qui nous hantent avant de déposer leurs âmes.
Avec Val Synth l’année dernière, la chanteuse nous plongeait dans un revival 80’s superbement remis au goût du jour grâce à ses touches électro brutes et contemporaines. L’odyssée mystérieuse et intime d’une époque fantasmée.
Tel un post scriptum de cet album, JE VOULAIS TE DIRE, nous téléporte dans un autre univers, à part, captivant. 3 nouveaux titres co-produits aux côtés de Nicolas Borne, producteur et membre du collectif Acid Arab, qui résonnent comme un dernier aveu.
Je voulais te dire que je t’attends… Prise en otage dès les premières secondes, la très belle chanson de Michel Jonasz renaît de ses cendres et ne semble plus lui appartenir. Flora Fishbach dépoussière les joyaux du passé sur un air Italo dance qui donne envie d’ouvrir grand sa cage thoracique.

Même si parfois l’enfermement rassure, la confidence devient une dernière danse lascive, libre corps, vers la voie de la raison. On se laisse alors guérir par la voix d’une femme qui transforme la douleur en ancolie.
Au fond, c’est peut-être ça qui relie Val Synth et cette reprise : une fascination pour le désir qui ne se résout pas. Une faille intermédiaire, ni tout à fait ombre, ni tout à fait lumière comme l’intensité d’un souvenir qu’on n’arrive pas à oublier.
Un peu étourdis, on quitte ce vieux grenier pour le réconfort d’une âtre allumée. La chaleur survient d’une ligne obsédante, un crépitement électronique, synthétique… Homme du feu, celui qui brûle en Flora comme un chacun de nous. Une invitation à reprendre le contrôle à travers une idée répétée à l’infinie, et qui nous guide vers l’acceptation de soi.
Puis soudain tout s’assourdit. On se laisse happer par le vide et l’immensité. Commence une lente descente aux fond des abysses. Noyés, prisonniers d’un voyage Absolument fabuleux vers les paradis artificiels de la technologie.

La musique s’arrête et quelque chose magnétise l’atmosphère, nous empêchant de remonter à la surface.
Une douce mélancolie plane sur ces chansons qui nous transportent à mi-chemin entre le réel et le surnaturel. Flora Fishbach multiplie les états et ne revisite plus le passé. Elle dialogue avec lui, s’en émancipe ou lui murmure quelque chose de plus fragile: “Je t’attends”.
On attend alors avec elle que les spectres s’éclipsent pour se libérer de nos chaînes. Retrouver la légèreté d’antan et pouvoir se dire que ce qui nous rôde autour, ce n’est que le soleil.
08.04.26 @festivalmythos, Rennes
24.04.26 @printempsdb, Bourges
22.05.26 @festivalartrock, Saint-Brieuc
12.03.27 @zenithparis, Paris


