SAM QUEALY

SAM QUEALY – JAWBREAKER

Quelques heures, au bas mot, c’est le temps qu’il faudrait pour se préparer à passer la nuit avec Sam Quealy.

Le but, en faire trop. Trop théâtrale, trop “hairspray” (ou plus littéralement volumineux sur la chevelure), très stylisé mais trop stylé. Car plus c’est excessif, plus c’est délicieux.

Comme ce bonbon dur, intense et sucré, le JAWBREAKER, également représentatif d’une forte personnalité. À l’image de cette artiste australienne installée en France depuis quelques années.

Chanteuse, musicienne mais aussi danseuse de formation, passée par le cabaret, elle a su créer une identité visuelle affranchie et désinvolte. Un univers Drag, des shows légendaires mais surtout un attrait pour la pop culture et l’électro dans tous ses éclats.

©Isaac Brown

Véritable performeuse, Sam Quealy est un oiseau nocturne flamboyant habilité à faire le mur.

Il y a 3 ans, la bombe techno pop BLONDE VENUS nous invitait déjà à nous échapper de notre cage jusqu’au petit matin. Une envolée club qui lui a permis de se produire dans des salles mythiques, du Moulin Rouge au Berghain en passant par New York ou encore Los Angeles.

Pour son deuxième album, le donc bien nommé Jawbrekaker, Sam s’entoure une nouvelle fois du brillant Marlon Magnée, fondateur du groupe La femme, dont elle a également assuré les premières parties. Une invitation à s’évader encore plus loin, à migrer vers un univers où la pop, le disco et le clubbing se rencontrent.

Alors c’est parti, j’ai fait mon choix vestimentaire, sans barrières. Quelque part entre Ziggy Stardust et les Bee gees, j’arpente les rues de la capitale. Prêt à me laisser aller de piste en piste jusqu’à ce que la soirée s’achève.

L’entêtant Londontown ouvre l’imaginaire des nuits urbaines, la quête d’une vie meilleure. Les beats accrocheurs se reflètent sur une boule à facette, oscillant entre désillusions et rêves party. On s’y sent libre au milieu des lumières et des silhouettes qui se frôlent sous les Starlight.

©Isaac Brown

Alors on danse, on danse pour tout lâcher, tout oublier. Un violon psychotique nous emporte sur Strings of terror jusqu’à perdre le contrôle.

Tout nous attrape et nous ramène à capturer l’extravagance des années 70 à 80. Libérer nos corps, alléger nos cœurs sur le dancefloor, sans cesse.

Pussy power en force, Sam prône l’hyper féminité, la liberté d’être qui on est ou qui on veut (Girls night), clame son indépendance sur Flying solo, défie l’amour toxique à grand coups de fouet sur Love lasso.

Enivré par l’hyperpop du titre éponyme, on se sent aussi invincible que le personnage qu’elle incarne: séduisante, dangereuse et impossible à briser.

La soirée est son apogée lorsque résonne By my side, en feat avec Marlon Magnée. La fièvre d’un “Don’t go breaking my heart” nous emporte. Je serais Elton John, Sam en RuPaul… Un saut à gauche, un pas à droite, les mains sur les hanches. Comme dans une version pailletée du “Rocky horror picture show”. Jubilatoire.

A travers JAWBREAKER, Sam Quealy s’éloigne de la techno pop synthétique de son premier album, pour une dance plus organique qui fait un bien fou. Un exutoire dont on ressort en sueur, débraillé, vidé de toute entrave sauf celle d’avoir mal aux pieds à force de trop danser.

Les lumières de la salle s’éteignent et laissent place aux premières lueurs du jour. La douce mélodie de Love fontain me pousse vers la sortie. La voix rassurante de Sam Quealy nous susurre que tout ira bien maintenant et ce jaillissement d’amour à chassé nos peines le temps d’une échappée étincelante.

En concert le 24 juillet au FESTIVAL ART SONIC

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