DAB ROZER

DAB ROZER LE PERSONNAGE PRINCIPAL

Ici, le héros, c’est lui. Enfin plutôt l’anti-héros. Il se nomme Dab Rozer, ou Nicolas pour les intimes. “Oui OK le prénom est pas ouf, mais c’est mieux qu’Antoine”.

Après Vie paisible (2017), puis les EP Mayuta (2019) et 130 (2024), Dab Rozer débarque avec son premier album dont il est LE PERSONNAGE PRINCIPAL, prêt à tout fracasser. Mi-star, mi-chômeur, roi du troll et de l’autodérision sur les réseaux sociaux (quelques TikTok à plus d’1M de vues), il arrive avec force.

C’est son disque. Il dit ce qu’il veut. Il fait ce qu’il veut. Il pense ce qu’il veut. Et ce qu’il veut c’est briller, éblouir, être la reusta qu’il pense être (“Moi moi moi ma gueule, C’que j’fais ça déchire). Boss de la teuf, il veut du Champagne, des groupies, des strass et des tapis rouges. Après tout au Kebab le patron l’appelle Chef, ça doit bien vouloir dire quelque chose”.

©Tetefuf

De titre en titre, il déambule entre soif de succès, peur de la lose et frustration de ne pas savoir changer une ampoule. Il compose avec les doutes, les mauvais souvenirs, les baffes et la peur de tourner en rond. Parfois il se déteste, “un gros loser, téma comme j’suis claqué”, mais c’est OK.

Une réflexion sur l’identité, le destin, les rêves, les lendemains de fête et les prénoms moyens, notamment le sien, Nicolas, sur le Philippe Katerinesque “Qui suis-je vraiment ?”.

Dab Rozer est ce bon pote avec qui on ne s’ennuie jamais. Imprévisible, libre, un peu à l’arrache et incapable d’anticiper, c’est vrai, mais c’est aussi OK. Toujours bienveillant, Dab nous distille, au détour d’une “petite galère d’export”, quelques conseils d’ami, pour nous mettre en garde contre l’hyper vitesse, les progrès technologiques ou les objets coupants. C’est cadeau, merci Dab, c’est pas Antoine, ce voleur de goûter, qui aurait fait ça.

©Sandro Pinto

Sous trois couches d’ironie et d’autodérision, il enchaîne ses morceaux mélangeant rap, électro, rock, avec des mélos, produites notamment par Smogy (Mauvaise Bouche), qui tabassent…

Du Sartre version after-party, quelque part entre Orelsan, Vald ou Gorillaz, Dab Rozer est hors cadre, inclassable. Tout cohabite dans une sorte de mélange festif : des punchlines qui frappent, un “coucou des potes” (feat Nerlov), des couplets tordants, de l’énergie à revendre pour une musique qui surprend et s’assume. Ce n’est pas Brigitte, la voix officielle de Son Gokû, qui nous dira le contraire.

“Fatigué d’être personne”, Dab Rozer devient quelqu’un. Personnage principal, ce n’est pas juste un album, c’est une provocation joyeuse, absurde et toujours sincère. Un projet qui donne le smile, bouscule les codes et réussit un truc simple et rare : te faire accepter que ne pas être incroyable, c’est déjà pas mal.

Même quand tu fais tes courses à LIDL. Même quand tu t’appelles Nicolas. Même quand Antoine existe. Surtout quand Antoine existe. Dab Rozer, c’est le plus fort (et de toute façon, même si on n’aimait pas c’est qu’on aurait tort alors on ne le dirait pas.)

09.04.26 @laboulenoire, Paris

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