ALLO CHRISTINE

À QUOI TU PENSES, Pt.1 – Coup de fil à l’anglaise

“Au bout du téléphone, il y a votre voix, et il y a les mots que je ne dirai pas…” Allo Christine, j’ai encore des choses à te dire, des choses personnelles.

Après TEMPÊTES, le groupe revient avec de nouvelles confessions. Un EP qui gagne en maturité et nous emporte toujours avec la même sincérité.

À QUOI TU PENSES? – À lâcher prise, ne plus sentir la résistance. En 5 titres pop rock, Allo Christine nous invite à regarder la nuit défiler vers des jours plus sombres. Une transition entre l’enfance et le passage à l’âge adulte.

Premier acte d’un dyptique annonçant une suite plus engagée, Balthazar et Tarik explorent ici la nostalgie avant de passer de l’autre côté du miroir. Un miroir sans tain, opaque comme un moyen de protection.

©Tifaine Joulié

Se remémorer l’insouciance des premiers instants. Faire de l’auto-tamponneuse, jouer au foot avec les copains, sauter Sur le trampoline. Des points de départ vers l’acceptation de soi.

Le corps, les premiers émois, les déceptions, tous ces moments qui nous ont fait grandir et auxquels on s’accroche.

La ritournelle, A quoi tu penses avant de t’endormir ? Point d’ancrage de divagations nocturnes. Un truc flottant, un peu suspendu dans le temps. Comme ces moments où rien de dramatique ne se passe, mais où tout est lourd quand même. La légèreté de la guitare gagne en profondeur, s’électrise et ramène à quelque chose d’obsessionnel. Sortir de son lit, refaire le match au fil de l’eau, encore et encore, jusqu’à l’épuisement.

Toujours un œil dans le rétro, avec une fausse naïveté, Allo Christine dépeint le temps qui passe, les rêves qui changent de taille.

Dans la télé, est un constat doux-amer de l’adulte qui regarde l’enfant plein d’espoir. Des rêves qui n’aboutissent pas toujours mais ne s’évaporent jamais vraiment. Il n’y a qu’à regarder Balthazar jongler pendant des heures s’il tombe sur un ballon. Un gosse.

Un gosse qui transforme ses états d’âme en tendre mélancolie pour aller de l’avant. Prendre la mer pour s’évader vers d’autres continents.

Avec un stop à Brooklyn, quartier cher à son cœur, pour mieux chanter l’amour sur des arrangements en constante évolution. Un voyage entre innocence retrouvée et lucidité.

©Tifaine Joulié

Puis sur le très beau Road trip, un appel à profiter de la vie qui clôt ce coup de fil à Christine, tante et confidente. Un instant capturé sur le toit du monde. A le regarder partir à la dérive et se tenir prêt à le dénoncer avant son chant du cygne.

Tout au long de l’EP, le gimmick “à quoi tu penses ?” revient comme quelque chose de simple en apparence, mais qui révèle bien plus. Une inquiétude, une attente, parfois même une peur de la réponse. Un écart entre ce qu’on ressent et ce qu’on arrive (ou pas) à dire.

“Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire…”

Des messages intimes qui s’écoutent en boucle avant de s’endormir ou à bord d’un noctilien en retour de teuf. Avec parfois l’irrépressible envie de filer à l’anglaise mais jamais de fuir.

31.01.26 @lepopupdulabel, Paris

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