BONNE NUIT

BONNE NUIT – CRIER, VOMIR, PLEURER

S’il y a mille et une façons de passer la nuit, seuls 3 peuvent permettre d’en passer une bonne. Avec pour exutoire : CRIER, VOMIR, PLEURER.

Le temps d’un EP (leur second), BONNE NUIT nous éclaire sur le quotidien de la Gen frigo vide. La dépression, l’évasion, le délaissement, la nostalgie, l’écologie… Une longue liste reflet d’un constat inquiétant, parfois attendrissant mais terriblement dansant.

Ici, pas question de pleine lune mais de sombres réflexions sur la rotation du monde. Et à bien y prêter l’oreille, il ne tourne pas si bien. En tout cas pas aussi bien que les boucles électro teintées de synthwave qui accompagnent les pérégrinations nocturnes du groupe originaire de Vendée.

D’un duo, Etienne et Théodore font une dualité. Un lâcher-prise au bord du vertige.

©Emma Kraemer

Alors que tout le monde devrait déjà être chez soi, la fête s’attarde. La peur du silence, la crise d’angoisse… L’envie de Crier, vomir, pleurer. Un débordement, une succession de verbes comme un before pour présenter la suite. Tout est conçu pour faire bouger, mais jamais pour rassurer.

Sauf peut-être le temps d’une escale sensible à Montréal. Parenthèse aérienne sur l’amour naissant, histoire de tenir jusqu’au lever du jour. Mais plus dur est l’atterrissage… Jusqu’au crash.

Plus rien dans la tête… Lucide, anxieux, hypersensible. Bande son d’une génération désenchantée cherchant refuge sous les néons LED et les basses exaltées.

Une génération volée, abandonnée au pied d’un Ascenseur de rêves brisés. Véritable hymne scénique, le morceau n’est qu’un slogan pour éveiller les consciences. Peut-être serait-il temps de remplacer ces fruits étranges pendus aux arbres des facultés. Car des orangers, la chanson n’en verra jamais.

Dernier refuge, le goût suranné mais rassurant d’un bonbon Krema. L’insouciance des premières fois avant de se dire: “fini la récré”.

©Emma Kraemer

Alors quand arrive la dernière transe, les images d’une planète en mutation, abimée, s’infiltrent et défilent dans nos cerveaux. Gros shoot écolo, On a bien rigolé nous rappelle à l’ordre, nous les humains. Une danse électro macabre comme une célébration d’OGM dans une warehouse.

Vampires assoiffés de sens, BONNE NUIT mord la vie avec la rage au ventre et porte l’étendard de la jeunesse actuelle. Noir, sans étoiles ou bien quelques filantes.

Un regard désabusé sur soi, sur le monde, les yeux tournés vers l’abîme avec sarcasme et mélancolie. Mettant en lumière nos paradoxes. “Nous sommes borderline… Tout va bien”.

Mais bonne nouvelle les gars, l’ascenseur est réparé. Prêt à vous propulser vers une belle et très longue nuit de succès, bien méritée.

19.03.26 @lamaroquinerie, Paris
10.04.26 @festivalmythos, Rennes
24.04.26 @festivalnouvelorage, Nantes
23.05.26 @festivalartrock, Saint-Brieuc
17.07.26 @lesvieillescharrues, Carhaix

Partager

error: Ce contenu est protégé