DAJAK

OLYMPIA – LIVE REPORT

21 mars 2026, premier jour du printemps. L’hiver a été long.

Pourtant dès les premiers rayons de lumière qui ont illuminé l’Olympia de Dajak, tout semble derrière nous. Un voyage organique, immersif, qui a brillé comme un soleil noir.

Avec son deuxième album SOLAR STEREO, sorti en janvier, Dajak a signé un retour d’une intensité rare, bien loin des attentes de l’industrie du disque. Une mine d’or d’indie, de rock psyché et de phrasé rap enregistrée en live, sans machines, qui renvoie à quelque chose de très humain. Comme si on était dans la pièce avec eux au moment des sessions. Alors quand tout prend vie sur scène, l’alchimie est totale, puissante et sa réverbération sur nous, solaire.

Surplombés d’un astre flamboyant, non sans rappeler l’imagerie des Pink Floyd à Pompei, Dajak et ses musiciens entament leur chemin vers la clarté. Une “Dark side of the sun” d’une beauté éclatante. Et dans ma tête vers le soleil, je cours…

J’attends que les lueurs viennent après l’averse et Dajak allume l’étincelle dès le deuxième morceau. Depuis son cimetière d’éléphants, un voile stroboscopique électrise la salle. Ses anciens rêves, ses illusions, des parties de lui-même qu’il laisse derrière.

On se laisse réchauffer au milieu de ces immenses plages musicales, seul parmi la foule à regarder le sunset. C’est aussi la force du concert, des instrus sans frontières qui hypnotisent. Un vent mélancolique souffle sur le temps et mélange les influences.

Commence une course face au sablier, la peur à chaque instant que le prochain morceau soit le dernier. Le groupe nous emmène toujours plus loin, oscillant entre passé et présent.

On suit l’odyssée de jeune Daj à travers les titres de Flash et des larmes du soleil jusqu’à son ascension avec Solar Stereo. Nous rappelant l’importance de soutenir les artistes qui composent entre les murs de leur chambre. L’appui d’un système en moins, le talent en plus.

“Mais tout ça n’a plus d’importance…” Quand il entonne 4 chemins seul face à son public, 2000 cœurs en harmonie se soulèvent. Un moment suspendu avant de poursuivre une setlist parfaite.

Les titres vibrent au son de la batterie, des claviers et des guitares. Dajak accroché à sa Gibson à deux manches, comme un double qu’il propulse régulièrement vers le zénith.

Les astres ne sont plus les seuls à pleurer sur les sublimes Hâte de vivre et Les allumettes. La musique éclaire cette salle mythique d’un feu ardent, impossible à éteindre. Les caméras gravitent alors autour de l’artiste et de ses musiciens. La réalité du live projetée sur un écran, nous plonge inlassablement au cœur de leur complicité et de l’émotion.

Puis l’arrivée surprise du rappeur Tuerie ravive la nostalgie et on s’évapore vers le kif infini d’un concert majeur. Un ciel rose, un soleil rouge, en ad lib jusqu’à cette dernière boucle progressive qui nous fait dire que “s’il est déjà trop tard, il n’est jamais trop tard”.

Dajak repart tout droit dans le soleil et je reste, la sensation d’avoir rêvé debout. Je garderai tout en tête, un chant de tournesols fragile et lumineux qui résonnera longtemps après sa dernière note.

“Mais si tout est plus beau quand on ferme les yeux, à quoi bon se réveiller?”

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