1er ALBUM – ASCENDANT ROCKSTAR
Il y a chez Shadi, un débordement. Une manière de ne pas tenir en place, ni dans les cases, ni dans les genres. Shadi parle à ceux qui oscillent entre ambition dévorante et sentiment de décalage. L’année dernier, iel clamait: “Je veux être une star!” Une confession presque naïve, mais profondément lucide. Car les rêves de lumière n’efface pas nos parts d’ombre.
Aujourd’hui, c’est avec son ASCENDANT ROCKSTAR que Shadi cohabite. Un premier album de 15 titres incandescents, ne cherchant pas à lisser mais qui expose et revendique celleux qui dérangent, qui saturent les cadres jusqu’à les faire céder.
Dans une esthétique « rage pop », Shadi transforme l’intime en espace politique. La colère n’est pas gratuite, elle est vécue, digérée puis recrachée sous forme d’hymnes nerveux avec une lucidité presque ironique, et une vulnérabilité jamais dissimulée. Comme si l’émotion, loin d’être un aveu de faiblesse, devenait un outil de résistance.

L’album se déploie comme un territoire instable, où les identités se fragmentent et se recomposent, pour être à la fois fragiles, spectaculaires et habitées par une forme d’espoir têtu.
En découvrant cette ascendance, quelque chose nous bouscule. Chaque morceau laisse transparaître une urgence mais aussi une justesse. Il ne s’agit plus seulement d’un projet à écouter mais d’une expérience qui s’éprouve presque physiquement. Laissant en chacun de nous une trace inconfortable mais nécessaire.
Écolier Rebelle, Shadi marque son désir d’appartenance et son refus du cadre imposé dans un décor de bahut bien trop normé par sa conformité, sa hiérarchie et son apprentissage de la docilité.
En s’en détournant, iel ne fait pas qu’incarner une posture adolescente mais en révèle les mécanismes. Derrière les guitares saturées et les beats tendus, se dessine une critique des structures qui catégorisent et disciplinent.

Comme cette Explosion en collaboration avec PAR.SEK qui radicalise le propos par son rythme effréné et sa saturation sonore. Ou la création d’une Planète artificielle, une brèche presque utopique vers un ailleurs où les normes cesseraient d’organiser les existences.
Ce qui frappe, au fond, c’est la capacité de Shadi à faire de l’instabilité un langage. Là où certain·e·s chercheraient la cohérence, iel revendique la dissonance.
Ascendant Rockstar ne raconte pas une ascension linéaire, mais une série de bifurcations et de résistances. Une manière d’exister dans les marges sans chercher à les quitter, à travers un univers rageur, sensible et furieusement libre.
09.04.26 @lehasardludique, Paris


