CLÉMENT VISAGE – AUTOMATIQUE
S’évader, rouler sans but au volant d’une AUTOMATIQUE. Faciliter le voyage pour mieux se laisser aller à nos étranges errances. C’est la promesse du nouveau voyage électro-pop de Clément Visage. Un road trip intérieur à 7 vitesses qui évite toute sortie de route.
Après le succès critique de son précédent EP Des restes et un live remarqué aux Inouïs du Printemps de Bourges il y a 2 ans, la créativité de Clément Visage est aujourd’hui loin d’être au point mort.
Alors j’enclenche la première. Au détour de Visions, l’esprit divague et les yeux se perdent dans un brouillard épais. Aucun moyen d’y échapper, le questionnement s’installe. Poursuivre ou éviter volontairement le virage? L’occasion est là mais la suite, bien trop belle, nous attend en tournant.
Pulsation minimale, le pouls s’accélère, changement de fréquence. Clément passe la seconde et nous pousse au bord du déséquilibre. Le vide. Un moment incertain le temps d’une réflexion vertigineuse sur le monde.

Choisir sa direction quand tout est flou. “Si j’arrête tout, est-ce que demain changerait pour nous?”
Je passe alors en Auto pilote. Les beats hypnotiques permettent de décélérer, de se laisser guider par les voix de Clément et de son copilote sur tout le projet, VONFELT. Tout en douceur, l’âme au repos jusqu’au bord de Mer.
Bercés par l’immensité, les remords s’évaporent. Vient le désir de retrouver le réconfort dans les bras d’une onde qui se propage à l’intérieur de soi. Analogie de la figure maternelle, le chanteur touche ici à l’intime et tente de refaire surface avec beaucoup de délicatesse..
Pare brise embué par les embruns marins, il est temps de repartir vers Demain. Un trajet faussement optimiste pour l’avenir. L’espoir d’un ajonc oublié sur le chemin, qui plie mais ne rompt pas.

Tout est altéré dans ce road movie aux paysages qui se dessinent dans un flow artistique.
Plus on avance, plus on découvre en Clément un homme aux milles visages. Entre force et fragilité, il balade une poésie éthérée sur des nappes électro à la fois froides et planantes. Capables de nous transporter vers des constellations polaires.
Au milieu du Grand Nord, vaste étendue couverte de voiles sombres, Clément cherche la lumière d’une aurore boréale. Mais parfois même les plus grands espaces sont peuplés de fantômes et trop étroits pour oublier.
Tout au long de ce très bel EP, Clément Visage trace une route mélodieuse et mélancolique. Toujours sur le fil, un pied à terre, l’autre suspendu au-dessus de l’abîme, il interroge. Sans jamais perdre de vue que la meilleur voie pour s’en sortir et celle qu’on choisit pour survivre
Et quand arrivent les dernières phrases du voyage, tout parait En phase.
Le cœur bien attaché, je repars en pilotage automatique. Passager solitaire, en transe le long des highways, à des kilomètres de vouloir que tout ça s’arrête.
22.04.26 @lestroisbaudets, release party, Paris


