CITRON SUCRÉ – 206+
Avec son premier album 206+, fraîchement sorti le 14 octobre dernier, Citron Sucré nous embarque dans un road-trip sonore à 100 à l’heure. Une virée où s’entremêlent différents récits de vie, teintés de rencontres, de blessures, de fêtes et surtout de luttes.
Chaque titre conduit à un souvenir ou une expérience vécue, à bord cette voiture devenue refuge et symbole d’évasion. Sur la route, les paysages défilent et la bande-son s’accélère.
À la fusion de l’hyperpop et du punk, sur fond de kicks techno empruntés aux raves, son projet est aussi abrasif que dansant. On retrouve dans son univers l’énergie électrique du Tigre, la désinvolture de Sexy Sushi, ou encore la rage militante des Vulves Assassines. L’influence du mouvement Riot Grrrl vient aussi nourrir ses textes crus, avec l’envie de faire de la musique un espace de liberté, de contestation et de rassemblement. Comme ses prédécesseuses des Bikini Kill ont pu le faire.

L’artiste puise dans les luttes féministes et queer pour construire un espace de résistance et de célébration où les corps s’expriment et les voix trouvent toute leur puissance.
T’es qu’un gros FDC pose les bases et s’attaque frontalement au harcèlement de rue et à la notion de consentement, encore trop souvent ignorée. Une manière de renvoyer la violence d’une insulte misogyne et discriminante vers ceux qui la commettent, tout ça sur une production électrique. De quoi faire frémir les gros mascus.
La rage laisse aussi place à la vulnérabilité de l’artiste avec les titres Ct trop tard, ode à l’amour toxique et La route vide, journal d’une rupture. L’image de la voiture reprend ici tout son sens : celui de reprendre la route en solo et continuer d’avancer malgré tout à travers un voyage cathartique.

Sur scène, elle retrouve sa batteuse. Ensemble, elles livrent des performances vibrantes et frontales qui confèrent à l’univers de l’artiste une autre dimension. La batterie, créature hybride composée à partir de pièces de carrosserie, produit un son métallique et industriel qui nous immerge encore plus dans son monde chaotique. Un défouloir nécessaire qui permet d’extérioriser ce qui reste souvent coincé à l’intérieur.
Derrière la fête et son ton un brin provocateur, Citron Sucré se raconte sans filtre et se livre en toute intimité. Chaque son semble suspendu entre révolte et euphorie, difficile de résister à l’envie de danser. Comme un Xta sans descente.
24.10.26 @dachstock_reitschule, Bern
21.01.27 @larayonne_, Villeurbanne


