NERLOV

NERLOV – NAÏF

Qu’est-

ce qui se passe quand on regarde en arrière, qu’on ouvre ce vieil album photo laissé là, sous la table basse. Qu’on retrace sa vie, ce qu’on a été, ce qu’on a aimé de nous, ce qui nous a fait chier.

Après s’être dit que c’était peut-être pas si pas grave sur son premier opus, Nerlov s’imagine NAÏF sur le deuxième. Comme une miss, pour rêver de paix dans le monde. Assez pour rêver d’un futur meilleur.

11 chapitres subtils, intègres. Onze photographies d’un même album de famille. Toute une équipe de foot pour parcourir le terrain de sa réflexion à travers des histoires intimes. Parfois à son plus grand regret, parfois pleines de sang, parfois à plusieurs, souvent seul, des souvenirs plein la tête.

Il y a quelques polas abimés, des visages qu’on aime. Une heure, une date. La biture qu’on avait oubliée. Ceux qui ne sont plus là ou qu’on a peur de perdre. Des morceaux de vie capturés avant de les laisser repartir. Et l’étrange sensation de se confronter à celui qu’on a pourtant été toute sa vie.

Alors les pages s’envolent en musique au gré des instruments à vent, de la drum, de la basse et quelques souffles électro plus apaisés.

Nerlov se livre, se commente. Son besoin du collectif, son rapport paradoxal à la paternité, l’envie d’évoluer et, Si ça passe, de devenir meilleur. Prendre le problème à bras le corps, remettre son cynisme A tout à l’heure. Le temps d’un regard sur ce cliché raté dans le miroir. N’y voir que ses failles, un nude du cœur.

Puis il y a l’amour, simple et sincère, un Merci poignant à ses parents. Pas une remise d’oscar, une remise en question sur ce qu’on ne dit jamais assez ou qu’on regrette un jour d’avoir gardé pour soi. Ce jour où le soleil se lève et la personne n’est plus qu’un souvenir sur une photo. Si tu meurs place la mort dans l’album. Pas comme un fait, comme une absence possible. La nécessité d’aimer tant que les gens sont encore là.

@Simon Jourdan

S’aimer c’est le point d’orgue pour Nerlov. S’aimer soi-même, s’aimer Ensemble. S’aimer malgré la lassitude. Quand on se dit Oui… Mais non. La langueur du saxophone face au monde. Regarder ailleurs, faire semblant de sourire alors que ça casse les burnes et éviter le burn out.

Sur ses confidences, Nerlov colle quelques stickers pour laisser une trace. L’impudence, la pudeur, l’imprudence. Refermer le recueil d’une vie sans nostalgie excessive. Parler du temps qui passe sans chercher à l’arrêter. Regarder le monde changer et continuer malgré tout à croire qu’il reste quelque chose à photographier. Quelque chose à espérer.

Même si c’est Naïf d’y croire, ça fait du bien de rêver. Rêver qu’on n’a pas encore complètement abandonnés.

01/02.10.26 @jokers, Angers
18.11.26 @pointephemere, Paris
12.12.26 @molodoi, Strasbourg

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