KALIKA

KALIKA MA CLAQUE

Saturer volontairement l’espace d’un KO émotionnel. Une gifle pour réveiller les corps et les esprits qui s’enterrent. Cette violence, elle lui va à merveille.

Kalika en a marre, sa claque et le répand de façon contagieuse dans son nouvel album. Un lâcher prise, une décharge électrique comme une rave au bord de la crise de nerf. Et c’est un peu, beaucoup, complètement Crazy.

Tout est trash et tendre. Un combat en prose directe orchestré par Demon V (Las aves) d’une pop électronique, abrasive, pleine de basses qui cognent.

Fragile, sexy, épuisée, Kalika chante les dépendances affectives, les désillusions, les corps qu’on exhibe, la colère féminine.

Être à bout mais vouloir tenir, boire du Monster tous les jours pour ne pas s’effondrer. Alors on danse dans le club, sans réfléchir, on s’abreuve de ses mots crus, sans détours, comme un exutoire.

Grande dame, loyale, au milieu d’un monde claqué, un cirque qui dompte des chiens savants. Kalika marche sur un fil, mégaphone à la main, et porte la parole de celleux qui sont las.ses. La parole des femmes fantasmées, mal traitées, Princesse latex ou Pute gothique… Mais aussi de celles qu’on n’écoute pas assez, de celles qui comme elle ont pleuré sous l’agression verbale, physique ou sexuelle.

Après avoir dit adieu aux monstres, elle les dénonce. Ces démons qui hantent, harcèlent et s’amusent à déjouer dangereusement les rouages d’un parc d’attraction que Kalika tente de réamorcer.

L’artiste funambule actionne ses propres montagnes russes. En plein cœur d’une fête foraine, elle déambule entre guirlandes lumineuses et néons sales. On sent la rage d’un Manège cassé, l’envie de crier son droit dans un contexte fort.

©VassoVu

Qu’elle décrie la honte, Comme les garçons qu’elle clashe dans ses chansons ou s’émancipe par un Orevoir de l’emprise brutale d’un père, Kalika choisit d’interrompre un circuit toxique. Mise sur Off, activation d’un mode anti-système qui l’éreinte.

Et même si tout disjoncte, elle distille une dose de tendresse pour tenter d’effacer le sang sur son étoffe. Prête à tout casser dans un jtm, à poursuivre un rêve Magique d’enfant qui se fragilise, ou jouer la grande sœur protectrice avec Sofia.

Baisser sa garde mais ne jamais lâcher les armes. A travers 14 titres puissants et jubilatoires, Kalika nous fait perdre la tête comme Britney et rend justice aux “bêtes de foire”. Assumer qui l’on est, défendre ses idées et ne pas se laisser enfermer dans un enclos.

Un cri du cœur tant personnel qu’universel car comme tant d’autres, moi aussi j’en ai MA CLAQUE que tout nous échappe.

04.06.26 @lebadaboom, Paris release party
21.08.26 @lezartfestival, Vicq-sur-Gartempe
16.12.26 @olympiahall, Paris

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