Il y a des concerts où chaque note nous cloue littéralement sur place. Ces instants rares qui participent à forger notre identité musicale. Nous en avons vécu un très puissant auprès de Last Train au Metronum à Toulouse, le 7 mars.
À peine arrivés sur scène, plus un seul bruit dans la salle. On n’en a pas encore la certitude, mais on sent déjà qu’on va vivre un moment important. En quelques secondes, l’atmosphère se transforme radicalement quand les quatre alsaciens ouvrent sur Home, faisant grimper la tension et offrant au public ses premiers frissons.
De Home à The Big Picture, en passant par les inoubliables Fire et Golden Songs, les musiciens de Last Train ont su rendre hommage à leurs multiples influences tout en proposant un son nouveau et unique.
S’ils ont refait certains de leurs classiques pour le plus grand plaisir du public toulousain déchaîné, celui-ci a aussi pu se faire emporter par les vagues électrifiantes d’I Hate You et de This Is Me Trying, issues de leur dernier album III.
Des nouvelles paroles qui crient la souffrance de la vie, la frustration des trahisons, la colère qu’elles engendrent, le désespoir parfois – mais jamais l’abandon. Ce qui domine, c’est surtout un son qui transpire l’espoir de s’en sortir et l’amour inconditionnel qu’ils ont pour la musique…Difficile de mettre des mots sur tout ce panorama émotionnel peint par Julien, Timothée, Jean-Noël et Antoine au Metronum.

De 21h à 23h, plus rien n’existait à part le son Last Train. Parmi la foule, des générations de fans se mêlaient : des Toulousain⸱es, des passionné⸱es venu⸱es de loin pour l’occasion, certain⸱es les ayant déjà vu des dizaines de fois, d’autres pour qui c’était la toute première. Mais une chose est sûre, tous⸱tes furent pris⸱es de vertige face à cette musique pareille à aucune autre. « Du rock en anglais, pas mainstream, qui remplit des salles », nous confiait Gabbie de MADAM lors d’une récente interview, pour qualifier l’essence de Last Train. Le quatuor a largement été à la hauteur de cette description.
Plus besoin de micro, ni même de scène. Si Jean-Noël nous livrait parfois sa voix à pleins poumons, sans aucun amplificateur, il est allé jusqu’à jouer de la guitare au-dessus du public, qui le maintenait fermement debout (tandis que le chanteur nous maintenait, nous, dans une forme d’épiphanie musicale).
« It feels like everything has been said before », regrettait-il dans The Plan. Pourtant, ce soir-là, Last Train nous a dit bien des choses…
Un immense merci à eux (et à Arthur) !


© Jérémy Martineau