LES PRIMEURS DE MASSY ET DE CASTRES

DU 28 OCTOBRE AU 31 OCTOBRE 2026 (MASSY ET CASTRES)

A PAUL B Massy et au BOLEGASON Castres

Donner du rythme à l’algorithme, à contre sens, à contre courant. Le piéger, le diversifier, donner de l’air à nos poumons. Et enfin donner de la voix sur ce qu’on nous propose, pas ce qu’on nous impose.

Mieux qu’une playlist soigneusement mise en avant sur une plateforme, les Primeurs de Massy et de Castres sont une vraie machine à défier le temps. Depuis 1998, ce festival en jeu de miroir fait refléter la lumière sur des artistes au moment particulier de leur premier album. Leur donner la primeur lorsque tout est encore possible, que tout peut basculer.

Programmer un premier disque, c’est mordre l’or et la poussière. Chercher la pépite, creuser pour parfois la faire émerger. Mais c’est aussi miser sur un nom que le grand public ne connaît pas encore, sur une musique qui n’a pas encore trouvé son audience, sur un artiste dont on ne sait pas encore s’il balaiera tout sur son passage.

Un risque, un acte aujourd’hui presque militant au milieu de la grande distribution. Un acte de résistance face à la réalité du secteur musical, au matraquage comme éducation et à la difficulté de programmer des artistes émergents. Tout en garantissant un taux de remplissage suffisant pour survivre.

Car avant que la lumière ne se fasse sur la foule, avant d’obtenir des bains de sourires, il faut rassurer. Rassurer le public sans l’assurance tous risques de la tête d’affiche. Celle qui affole les réseaux, facilite le relais de communication et devient une promesse de vente sans préavis.

Sommes-nous encore capables d’aimer un artiste avant qu’il soit devenu lucratif de l’aimer ?

C’est précisément ce que les Primeurs de Massy et de Castres continuent de défendre depuis près de 30 ans. Un espace où la découverte n’a pas besoin d’être rentable immédiatement pour être précieuse.

A travers le risque, l’utopie d’une idée culturelle mais aussi politique. Que la musique ne s’écoute pas par les chiffres. Que le public puisse encore être surpris. Que les artistes aient le droit de commencer. Que les salles puissent avoir une utilité qui ne se résume pas à un rendement.

Ce pari de continuer à programmer l’émergence résonne particulièrement dans le contexte actuel. Le secteur culturel traverse une période de fortes tensions économiques, les lieux et les festivals doivent composer avec des budgets plus que restreints et les baisses de subventions fragilisent de nombreux projets.

Pourtant les Primeurs résistent, prennent le problème à l’envers et nous invitent dans un laboratoire de création et de découvertes. Pendant quatre soirées à Massy et trois en parallèle à Castres, il s’agit de pousser une porte, d’entrer dans une salle et d’accepter de ne pas savoir exactement ce qui nous attend.

La 29e édition réunira cette année vingt projets, du 28 au 31 octobre. Une ode à la révélation, un doigt d’honneur à l’algorithme.

Camille Yembe, Noor, Dééfait, Blind Yeo, Aziz Konkrite, Meryl Streek, Pamela, Wamen, Ritual Riots, Lila-May, Dinaa, chest, Mathis Akengin, Jean-Paul Groove, Olkan & La Vipère Rouge, Golimar, Lézard, 15 15, Elf Traps et Suzanne Belaubre seront les nouvelles têtes de gondoles de 2026.

Parmi eux, quatre artistes (non exhaustifs) à suivre. Quatre manières de prendre le large et de comprendre ce que les Primeurs cherchent à provoquer. La décharge électrique à travers l’éclectisme.

C’est d’abord en pleine mer qu’il faudra aller danser. Le groupe franco-britannique PAMELA sort l’artimon et passe à la vitesse supérieure. Après un premier EP et une série de concerts remarqués, leur premier album Dancing on the edge paraîtra en novembre. Mouvement de houle et effronterie de flibustiers. Une évidence pour les amoureux de pop-électro ultra classe.

NOOR proposera une tout autre manière de se laisser surprendre. L’artiste franco-libanaise place les mots et les émotions au centre de son projet. Sa voix, ses textes sans filtre et son écriture dessinent une chanson intime, directe et profondément humaine. Récompensée du Prix des Inouïs du Printemps de Bourges en 2024, Noor arrive aux Primeurs au moment où son premier album, 1900 jours, vient prolonger cette histoire.

Changement radical de décor avec JEAN-PAUL GROOVE. Le trio bruxellois transforme guitare, basse et batterie en véritable machine rythmique dans leur premier album Digital Thérapy qui arrive fort début octobre. Une électro jouée à la main, physique et organique, qui rappelle que l’émergence ne se résume pas à une question de genres musicaux : elle est aussi une manière de chercher de nouvelles formes.

Enfin Le DJ et compositeur franco-marocain AZIZ KONKRITE donnera le ton avec une électro chamarrée, à la croisée des influences et des territoires. Son album Siba Sawt-System est une musique pensée pour le mouvement, mais aussi pour le dépaysement. La teuf du futur.

©Georges Jabbour

Ici, la diversité n’est pas un simple argument de programmation, c’est une véritable ligne directrice. A la salle Paul B de Massy comme au Lo Bolegason à Castres, on peut passer de la grande salle au club, d’un univers à l’autre en quelques minutes. On tombe sur une découverte inattendue, un artiste qui nous touche profondément. On en discute au bar entre différents publics. Les Primeurs ont conservé quelque chose de profondément humain dans leur manière de faire vivre la découverte.

Alors entrez. Choisissez une salle. Écoutez. Et laissez-vous surprendre.

Parce qu’après tout, les artistes de demain ne sont pas encore forcément dans nos algorithmes. Ils sont peut-être simplement sur la scène d’à côté. Et puis il y aura peut-être ceux dont on parlera des années plus tard.

Comme une partie de fléchettes, il faut savoir viser. Viser loin, viser juste, savoir qui on veut toucher. Et plus que tout, la cible, c’est le cœur.

RETROUVEZ L’ENSEMBLE DE LA PROGRAMMATION SUR : LES PRIMEURS DE MASSY ET LES PRIMEURS DE CASTRES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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