Découverte

LEZART FESTIVAL

DU 21 AU 23 AOÛT2026 A VICQSUR-GARTEMPE (86)

Le Lezart Festival s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous culturel singulier, porté par une programmation féministe, queer et profondément ancrée dans son territoire. Sandra, directrice artistique du festival, défend une vision de la culture où la visibilité, la convivialité et les rencontres occupent une place centrale. À l’occasion de cette nouvelle édition, nous avons échangé sur les choix qui guident le festival et son évolution.

AAS : Le Lezart Festival est né à Vicq-sur-Gartempe, un village loin des grandes métropoles où se concentrent souvent les événements LGBTQIA+. Qu’est-ce que ce choix raconte de ta vision de la culture et de la visibilité queer aujourd’hui ?

SANDRA : Le Lezart Festival est effectivement né à Vicq et s’y développe depuis maintenant plus de sept ans. Le choix de mettre en place cet événement en milieu rural est un choix délibéré : celui de visibiliser les arts queers et de lutter contre l’isolement des personnes LGBTQIA+ en milieu rural. Avec le festival on défend une vision de la culture qui est engagée et qui offre un espace de visibilité aux enjeux LGBT+. Réaliser le festival dans une commune de 600 habitant.es c’est aussi le construire en lien avec le territoire, participer à son dynamisme et continuer d’exister grâce aux liens indispensables tissés avec la commune et ses habitant.es.

AAS : Au fil des éditions, le Lezart Festival semble être devenu autant un lieu de vie qu’un rendez-vous culturel. Comment cette identité s’est-elle construite au fil du temps ?

SANDRA : Cette présence en milieu rural nous a permis de développer le format et d’ajouter aux programmations musicales et artistiques un panel d’activités qui font vivre le festival (un marché de créateur.ices, plus d’une quinzaine d’activités par jour, un match de foot avec l’équipe féminine locale…). L’ancrage s’est fait au fil du temps, naturellement au contact des habitant.es et des élu.es locaux ce qui nous a permis de proposer aujourd’hui toutes ces activités dans un cadre naturel idyllique bordé par la Gartempe. Les années de travail nous ont permis de faire du Lezart un format complet avec des propositions uniques en France et, grâce à l’aide de nos bénévoles, de laisser les festivalier.ères en faire un lieu de culture, d’amour et de vie pendant les trois jours du festival.

AAS : La programmation fait une large place aux artistes émergent.es. Dans un paysage où beaucoup de festivals misent sur des noms déjà installés, pourquoi est-il important pour toi de défendre celles et ceux qui sont encore en train de se faire une place ?

SANDRA : L’objectif du Lezart est de valoriser les arts lesbiens, queers et féministes et, pour ce faire, de laisser la place aux personnes concernées trop souvent invisibilisées dans les formats généralistes. Ne pas centrer notre programmation sur des artistes déjà installé.es c’est faire le choix de les sélectionner pour leurs propositions artistiques et non pour leur popularité.

AAS : Le Lezart Festival porte une dimension féministe et queer, tout en restant un lieu de fête, de rencontres et de convivialité. Comment fais-tu pour que cet engagement se vive avant tout à travers l’expérience du festival, plutôt que par le discours ?

SANDRA : Le Lezart est en effet un lieu de fête, de rencontres et de convivialité dont l’engagement queer et féministe se retrouve dans toute l’organisation du festival. La programmation des artistes et la sélection des créateurices est faite dans une démarche de lutte contre l’invisibilisation des minorités et les représentations stéréotypées et discriminantes. Le festival propose un village associatif et une SafeZone réunissant plus de quinze associations afin de sensibiliser pendant toute la durée du festival. Nous avons également mis en place trois formations à destination de nos équipes et de nos bénévoles afin de toustes nous former à la lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuelles (VHSS), à la lutte contre les inégalités et discriminations ethno-raciales ainsi qu’au handicap et à l’accueil des personnes handis. Les équipes du festival ont également mis en place une formation à destination des élu.es et agent.es municipaux visant à mieux comprendre, accompagner et accueillir les personnes LGBTQIA+. En plus d’être un espace de fête et d’amour qui visibilise des artistes queers et engagés, le festival met donc en place un grand nombre d’actions pour lutter activement contre les violences, les discriminations et pour l’inclusivité des personnes LGBT+ en milieu rural.

AAS : Le festival grandit d’année en année. Comment préserver l’esprit des débuts tout en trouvant l’équilibre économique indispensable à son développement ?

SANDRA : Le festival grandit et évolue d’année en année mais sa raison d’être reste inchangée, celle de visibiliser les arts queers et féministes émergents et de lutter pour l’inclusivité des personnes LGBT+ en milieu rural. Le développement du festival nous permet de nous professionnaliser et d’offrir une expérience toujours plus qualitative et diversifiée à nos festivalier.ères. Cependant, préserver notre objectif, une jauge restreinte et le cadre naturel et rural du festival nous permet d’atteindre cet équilibre.

AAS : Le Village aux Dames est le second projet que tu portes en parallèle du Lézart Festival. Après plus de six années de réflexion et de travail collectif, il ouvrira ses portes en septembre 2026 à Vicq-sur-Gartempe. Derrière cette aventure, il est question d’un éco-lieu, mais aussi d’une certaine manière de vivre, de créer et de se rencontrer. Si tu devais raconter le Village aux Dames à quelqu’un qui le découvre, comment lui présenterais-tu ?

SANDRA : Le village aux dames est un écolieu lesbien, queer et féministe à Vicq-sur-Gartempe. Il est né d’un besoin, celui d’un espace pour les personnes LGBT+ et leurs allié.es pour se réunir, créer, construire, apprendre et mutualiser les ressources et les compétences. Le village aux dames est un lieu de vie en lien direct avec son territoire et l’économie sociale et solidaire qui vise à porter des projets engagés luttant contre toutes les discriminations et pour l’inclusivité. Le village aux dames est refuge LPO et s’engage pour un mode de vie durable et respectueux de l’environnement. En quelques mots le village aux dames est une initiative collective queer, intergénérationelle et participative qui vise à promouvoir l’entraide et l’inclusivité dans une démarche d’apprentissage et de transmission.

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