HYLASIMON – QUASARS
Rencontre avec HYLASIMON à l’occasion de la sortie de “QUASARS”, un titre entre pop rétro, mélancolie et échappée cosmique.
AAS : Pour celles et ceux qui te découvrent avec “QUASARS”, tu te présenterais comment aujourd’hui ?
HYLASIMON : Aujourd’hui, je me décrirais comme quelqu’un qui fait de la pop, disons rétro, inspirée par ses lectures et le cinéma de science-fiction et d’horreur en ce moment. J’aime écrire avant tout.
AAS : “QUASARS” évoque le vertige et des questions sans réponse. C’est quelque chose qui t’a traversé récemment ?
HYLASIMON : Oui complètement, mais pas d’une façon hyper transcendante, plutôt d’une manière presque enfantine et naïve. Par exemple, quand j’étais jeune adolescent, les idées de néant et d’infini, quand elles me sont apparues, me donnaient le vertige. C’était presque violent de découvrir ça. Puis ce sont des questions qui m’ont quitté et qui ont refait surface dernièrement, notamment dans une période de remise en question autour de la musique. Cette immensité-là m’a finalement redonné le goût de donner la direction qui m’appelle le plus à ma propre vie, en convoquant le simple fait d’être à peine un grain de sable dans tout ça. Disons que ça peut aider à lâcher prise parfois, particulièrement pour faire fi du regard des autres.
AAS : Ton morceau oscille entre quelque chose de mélancolique et une énergie presque euphorique. Comment tu construis cet équilibre ?
HYLASIMON : Ça fait partie des choses qui me dépassent plutôt que de quelque chose que je construis. Si c’est un équilibre, alors c’est que j’ai cet équilibre, ces deux pôles en moi. J’ai cependant remarqué que je me sentais moins en phase avec mes textes les plus solaires, comme si écrire, c’était aussi le moment pour moi de me confronter à la mélancolie, et que les moments de liesse, je les vis plutôt que de les écrire. Par ailleurs, j’ai toujours aimé danser sur des titres énergiques avec des textes plus sombres. C’est souvent cette dualité qui invite à l’euphori

AAS : Qu’est-ce que tu n’arrivais pas à dire avant “QUASARS” ?
HYLASIMON : Avant “QUASARS”, j’avais du mal à écrire des choses qui pointaient plus ou moins des personnes du doigt. Quand, dans le deuxième couplet du titre, je dis : “Plus de peine après leurs coups bas, dans le chaos naît le quasar”, je sais que ce n’est qu’une phrase qui peut passer inaperçue pour beaucoup, mais c’est le genre de radicalité post-conflit que j’évitais autrefois.
AAS : Le clip réalisé par Tanguy Delavet installe une esthétique très marquée. Quelle place tient l’image dans ta manière de créer ?
HYLASIMON : Pour moi, l’image est un endroit nécessaire et celui où je place “le jeu”, le plaisir et l’amusement dans la création. D’abord, j’aime laisser place à la créativité des personnes avec qui je collabore, comme TANGUY ici, dont l’univers m’est d’ores et déjà familier. Alors je n’ai plus qu’à lâcher un peu prise et lui faire confiance. Il faut aussi savoir déléguer. Ensuite, je trouve ça passionnant de réussir, par exemple, à transmettre autant visuellement malgré les restrictions qu’impose un portefeuille d’artiste indé, et d’utiliser cela au lieu d’en faire une limite.
Pour finir, quand j’ai écrit “QUASARS” en l’occurrence, j’avais déjà cette idée du bleu, d’une tenue grise voire métallisée, des envies de cosmique et de stroboscopes. C’est en cela que je vois ce moment comme un jeu dans la création d’une chanson. C’est presque comme jouer à la poupée.
Je pense qu’il y avait déjà tout ça dans mon premier EP. Ce qui s’est précisé avec le temps, c’est plutôt la direction musicale qui a évolué, avec le fait d’ancrer davantage le projet dans la chanson, même s’il y a une forte hybridité. Je n’ai pas vraiment envie de définir précisément où j’en suis aujourd’hui, ni ce que représente musicalement le projet actuel. C’est toujours en mouvement. Je dirais juste qu’on a précisé des choses, mais qui risquent de rebouger à l’avenir. J’ai aussi passé plus de temps en studio sur les détails que sur le premier.

AAS : Tu dis écrire comme une bande originale. Aujourd’hui, tu as l’impression d’en être où dans ton histoire ?
HYLASIMON : L’EP à venir s’appelle MA B.O. parce que j’avais envie de sonorités qui donnent l’impression d’une musique de film, mais surtout parce que j’avais envie de dire que ce que je propose là, c’est moi à 100 %. J’ai parfois l’impression qu’on passe à côté de ça : la sincérité et la vulnérabilité qu’il y a quand on partage des chansons qui parlent de soi.
Aujourd’hui, je sais juste que je n’ai pas envie de suivre de recette magique pour composer mes titres, tant que je reste aligné avec ce que je propose.
AAS : Qu’est-ce que ce morceau a changé dans ta manière de te voir en tant qu’artiste ?
HYLASIMON : Ce morceau est le seul de l’EP que j’ai composé à la guitare avant même de travailler avec mes amis beatmakers sur les arrangements. Alors quand on suit les origines d’une chanson depuis l’œuf, et qu’en plus on est à l’origine de tout ça, le seul fait d’arriver aujourd’hui avec ce clip de “QUASARS” me ramène à la fierté même d’être allé jusqu’au bout du processus. C’est puissant, ce n’est pas rien, et je le réalise avec cette question.


